La randonnée à Deshaies se pratique entre mer et forêt, sur la côte sous le vent de Basse-Terre, là où le sentier du littoral relie les plages du nord de la Guadeloupe. Les parcours vont de la balade d'une heure en bord de mer à l'ascension d'un sommet qui ouvre la vue sur toute la baie.
Ce qu'il faut retenir
- Le départ du sentier du littoral se prend au nord de la plage de Grande Anse ; l'anse de la Perle est à une heure de marche, sans difficulté technique.
- Depuis le bourg de Deshaies, le chemin du littoral et la montée au Gros Morne s'atteignent à pied, sans voiture.
- Les cascades les plus proches demandent un véhicule : le saut d'Acomat par Pointe-Noire, la cascade aux Ecrevisses au bord d'une rivière de la Traversée.
- Partez tôt, prévoyez deux litres d'eau et des chaussures fermées : les sols argileux des mornes glissent longtemps après la pluie.
Où randonner autour de Deshaies
Deshaies occupe le nord-ouest de Basse-Terre, dans l'ouest de la Guadeloupe, sur la côte sous le vent. Cette exposition change tout pour un marcheur : la commune reste à l'abri des alizés et reçoit nettement moins de pluie que le versant est de l'île. Un sentier praticable ici peut très bien être noyé sous les nuages au même moment sur la Route de la Traversée, à une trentaine de kilomètres de là. C'est la première chose à savoir avant de choisir son itinéraire du jour.
Le territoire de la commune offre trois registres de marche. Le bord de mer d'abord, avec le sentier du littoral qui enchaîne les anses au nord du bourg. Les mornes ensuite, ces collines boisées qui ferment la baie et se gravissent en deux ou trois heures. Les rivières enfin, mais celles-ci demandent de prendre la voiture vers les communes voisines de Deshaies, Pointe-Noire au sud et Sainte-Rose au nord-est.
| Itinéraire | Départ | Durée aller-retour | Niveau |
|---|---|---|---|
| Sentier du littoral, Grande Anse vers l'anse de la Perle | Extrémité nord de la plage de Grande Anse | 2 h | Facile |
| Bourg de Deshaies vers la plage de Grande Anse | Bourg, sortie nord | 2 h à 2 h 30 | Modéré |
| Montée au Gros Morne | Hauteurs du bourg | 2 h à 3 h | Modéré |
| Saut d'Acomat | Pointe-Noire, hauteurs | 40 min | Court mais raide |
| Cascade aux Ecrevisses | Route de la Traversée | 15 min | Très facile |
| Trace des Mamelles | Col des Mamelles, sur la Traversée | 4 h à 5 h | Soutenu |
Ces durées sont des ordres de grandeur, pauses comprises, pour une marche à allure moyenne.
Jauger la difficulté sous les tropiques
La chaleur et l'humidité pèsent davantage que le dénivelé. Un parcours annoncé facile en métropole se ressent ici comme un cran au-dessus : à 28 degrés avec un air saturé, une montée de deux cents mètres coûte l'effort d'une ascension bien plus longue. La condition physique compte donc moins que la gestion de l'heure de départ et de l'eau emportée.
Le second facteur est l'état du sol. Une trace de niveau moyen devient difficile quelques heures après une averse, parce que l'argile colle aux semelles et que les racines deviennent savonneuses. Pour une première sortie, mieux vaut s'engager sur un circuit court en bord de mer et garder les mornes pour un jour de beau temps confirmé.
Le sentier du littoral, de Grande Anse à l'anse de la Perle
C'est la marche emblématique de Deshaies, et la plus accessible. Le départ se prend à l'extrémité nord de la plage de Grande Anse, la vaste étendue de sable doré bordée de raisiniers bord de mer et de cocotiers qui fait la réputation de la commune. Le chemin s'élève aussitôt dans la végétation sèche du littoral, longe la falaise, passe à proximité de la Pointe Batterie, puis redescend sur l'anse de la Perle.
Comptez une heure environ à l'aller, sur un terrain sans difficulté technique mais irrégulier, avec des passages de racines et de roche nue. Le dénivelé reste modeste, il se cumule seulement par petites montées successives. Depuis la Pointe Batterie, les points de vue s'ouvrent sur la baie et, par temps clair, sur la silhouette de Montserrat au large.
Le balisage est inégal selon les portions. La trace principale reste évidente, mais plusieurs sentes secondaires descendent vers des criques et se perdent : mieux vaut télécharger la trace GPX avant de partir, car la couverture mobile disparaît dès que le chemin bascule côté forêt.
Sur les plages du parcours, quelques carbets de bois ouverts servent d'abri et de table de pique-nique. Ils sont les bienvenus au retour, à l'heure où le soleil tape, et ils marquent en général les accès depuis la route côtière. Un carbet occupé n'est pas un problème : la coutume locale veut qu'on partage la table.
Où se garer
Le parking de la plage de Grande Anse est le seul vraiment dimensionné du secteur, et il se remplit dès le milieu de matinée en saison. Arriver avant huit heures règle la question et donne en prime les deux heures les plus fraîches. Pour la montée au Gros Morne, on se gare dans le bourg : les chemins des hauteurs sont étroits et le stationnement y gêne les riverains. Sur la Traversée, chaque site aménagé a son aire, mais celle de la cascade aux Ecrevisses déborde vite sur les bas-côtés.
Prolonger vers le nord
Depuis l'anse de la Perle, on peut poursuivre vers les anses suivantes en direction de Sainte-Rose. La plage de Clugny, sur cette commune voisine, ferme cette côte au nord-est : son sable ocre et ses rouleaux la rendent peu propice à la baignade, mais elle vaut le détour pour la découverte du paysage. C'est aussi l'un des secteurs où les tortues marines viennent pondre, ce qui impose de respecter les nids signalés, de ne laisser aucune trace et de garder ses distances.
Descendre vers Pointe-Noire
Au sud du bourg, la côte se découpe en petites anses moins fréquentées, dont l'anse Tillet, sur la commune de Pointe-Noire. Le sable y devient plus sombre à mesure que l'on descend : c'est la marque des sables volcaniques de la côte sous le vent, qui contrastent avec le doré de Grande Anse. Ces criques se rejoignent surtout par la route, les liaisons piétonnes étant coupées par des propriétés privées.
Monter au Gros Morne pour la vue sur la baie
Le Gros Morne domine le bourg et la baie de Deshaies. La montée se fait par un chemin de terre qui quitte les hauteurs du village et gagne le sommet à travers une forêt de plus en plus dense. La récompense est un point de vue panoramique sur le port, la baie et toute la côte sous le vent.
Le sol y est argileux. Après une averse, il devient franchement glissant, y compris à la descente sur des pentes où l'on prend de la vitesse sans s'en rendre compte. C'est la raison pour laquelle des chaussures fermées à semelle crantée ne sont pas un luxe sur ce parcours, même s'il ne dépasse pas trois heures.
La végétation change avec l'altitude. On y croise beaucoup de bois d'Inde, cet arbre aux feuilles très aromatiques que l'on froisse entre les doigts pour le reconnaître, et dont l'huile essentielle est distillée dans l'archipel. Plus haut, les fougères arborescentes annoncent la forêt humide.
Ce que l'on croise en chemin
Le sucrier à ventre jaune accompagne les pauses, sans la moindre timidité. Plus discret, le pic de la Guadeloupe est la seule espèce d'oiseau endémique de l'archipel : on l'entend tambouriner sur les troncs bien avant de le voir. Les crabes de terre creusent leurs galeries dans les talus du littoral, et le raton laveur, emblème du Parc national, ne se laisse observer qu'à la tombée du jour. Cette faune est une bonne raison de marcher tôt et de parler bas.
Cascades et sauts de rivière autour de Deshaies
La commune n'a pas de grande chute d'eau sur son propre territoire : les rivières descendent des hauteurs plus au sud. Trois sites se rejoignent facilement depuis une base à Deshaies, et ils demandent une voiture de location en Guadeloupe, aucun transport en commun ne desservant les départs de sentier.
Le saut d'Acomat, à Pointe-Noire, est le plus proche. On laisse le véhicule sur les hauteurs, puis une quinzaine de minutes de descente raide, parfois équipée d'une main courante, mènent au pied d'une chute qui tombe dans un bassin profond. La remontée est le vrai effort de la sortie. Le site est populaire le week-end auprès des familles guadeloupéennes, beaucoup moins en semaine et tôt le matin.
La cascade aux Ecrevisses se trouve sur la Route de la Traversée, à quelques minutes de marche seulement d'une aire de stationnement aménagée. C'est la chute la plus accessible de Basse-Terre, praticable avec de jeunes enfants, et donc aussi la plus fréquentée en milieu de journée.
Les chutes du Carbet, elles, sont sur l'autre versant, à Capesterre-Belle-Eau. Depuis Deshaies, il faut compter une bonne heure et demie de trajet par le nord ou par la Traversée : c'est une journée entière, pas une demi-journée. La Grande Rivière de Carbet en compte trois. La deuxième chute, la plus visitée, se gagne par un sentier aménagé au départ de l'aire d'accueil ; la première demande une marche nettement plus longue ; la troisième, plus basse, se rejoint par un autre accès depuis Capesterre. Vérifier l'ouverture avant de partir évite d'arriver devant une barrière, ces sentiers étant régulièrement fermés après un éboulement.
La Route de la Traversée et le coeur du parc national
La Route de la Traversée, la D23, franchit Basse-Terre d'ouest en est entre Mahaut, à Pointe-Noire, et Versailles, du côté de Petit-Bourg. Elle traverse le coeur du Parc national de la Guadeloupe et concentre plusieurs départs de traces sur une vingtaine de kilomètres. Depuis Deshaies, comptez une trentaine de minutes pour en atteindre l'entrée ouest.
La Maison de la Forêt, installée au bord de la rivière Bras-David, sert de porte d'entrée : quelques boucles courtes en sous-bois y expliquent la forêt tropicale humide, avec des panneaux d'interprétation et des passerelles au-dessus des bras de la rivière. C'est le bon endroit pour une première approche avec des enfants, et pour explorer la végétation d'altitude sans engager une journée de marche.
Plus exigeante, la trace des Mamelles relie les deux sommets qui donnent leur nom au col, la Mamelle de Petit-Bourg et la Mamelle de Pigeon, dont la plus haute approche les 770 mètres. La montée est raide, souvent boueuse, avec des cordes sur les derniers mètres. Quatre à cinq heures de marche pour la boucle complète, et une vue qui porte du Grand Cul-de-Sac Marin jusqu'à la mer des Caraïbes quand les nuages veulent bien se lever.
Le coeur de parc impose ses règles, et il faut les respecter : pas de cueillette, pas de feu, pas de bivouac sauvage, chiens interdits même tenus en laisse. Les conditions de fréquentation et les fermetures temporaires de traces sont publiées par l'établissement sur le site du Parc national de la Guadeloupe.
Pour qui veut alterner marche et détente, le jardin botanique de Deshaies propose un parcours de plain-pied sur cinq hectares, à la sortie nord du bourg. Il complète bien une matinée de randonnée écourtée par la pluie.
Quand marcher et comment s'équiper
La période la plus sûre est le carême, de janvier à avril : les traces sèchent, les rivières restent basses et la visibilité au sommet est meilleure. Les averses s'espacent déjà à partir de décembre. L'hivernage, de juin à novembre, apporte des pluies fortes et brèves, souvent en début d'après-midi, et correspond à la saison cyclonique. Le détail de ces périodes figure dans notre guide sur le moment où partir en Guadeloupe.
Un point rassure les randonneurs de la côte sous le vent : les échouages de sargasses touchent principalement la façade au vent et le sud de Grande-Terre. Le littoral de Deshaies y échappe très largement, et les plages du parcours restent praticables quand d'autres secteurs de la région sentent l'algue en décomposition.
Ce qu'il faut emporter
- Deux litres d'eau par personne, davantage pour une sortie à la journée : il n'y a aucun point de ravitaillement sur les traces.
- Des chaussures fermées à semelle crantée, jamais de sandales, à cause de l'argile et des racines.
- Un vêtement de pluie léger, plus utile qu'un parapluie sous les averses de forêt.
- De la crème solaire et un chapeau pour la portion littorale, entièrement exposée.
- La trace GPX enregistrée hors ligne, et la carte IGN au 1:25 000 de Basse-Terre en version papier pour les longues journées : le mobile ne remplace pas une carte quand la batterie lâche.
Deux prudences propres au littoral tropical
La première concerne le mancenillier. Cet arbre du bord de mer est toxique dans toutes ses parties : sa sève provoque des brûlures cutanées et il ne faut jamais s'abriter dessous pendant la pluie, l'eau qui ruisselle des feuilles suffisant à irriter la peau. Les sujets présents sur les plages aménagées portent une bande de peinture rouge sur le tronc, parfois une croix rouge sur un panneau voisin, mais tous ne sont pas signalés le long du sentier.
La seconde concerne la baignade de fin de parcours. Sur Grande Anse comme sur les anses du nord, la houle lève parfois des courants de retour, et aucune de ces plages n'est surveillée en permanence. Se baigner après l'effort est tentant, mais mieux vaut renoncer quand la mer casse fort et se contenter du bassin d'une rivière.
Sécurité : prévenir avant de partir
Le conseil vaut pour toutes les traces d'altitude : laissez votre itinéraire et votre heure d'arrivée prévue à quelqu'un qui reste au logement. Le réseau mobile est absent derrière la première crête, et une entorse à deux heures de marche du départ devient une affaire sérieuse. Les lignes régulières relient le nord de Basse-Terre par la route côtière, mais aucune ne monte vers les départs de trace : personne ne passera par hasard.
Partir accompagné
Des accompagnateurs en montagne exercent sur Basse-Terre et proposent des sorties à la journée : l'encadrement contre rémunération suppose un diplôme d'État. L'expérience se justifie sur les traces d'altitude, où un guide lit le ciel mieux qu'une application et fait découvrir une flore qu'on traverserait sans la voir. Sur le littoral de Deshaies, en revanche, la marche en autonomie suffit largement.
Partir de Deshaies plutôt que de traverser l'île
Le lieu de séjour décide de ce que l'on peut marcher. Depuis un hébergement du bourg ou des hauteurs, on chausse et on part, à l'heure où l'air est encore frais ; depuis la Grande-Terre, il faut d'abord avaler une heure et demie de trajet, et l'on arrive au départ quand le soleil est déjà haut. C'est la différence entre deux sorties dans la journée et une seule. Nos bungalows et gîtes à louer à Deshaies sont installés dans un jardin tropical, à courte distance des plages qui ouvrent ce parcours.
L'après-midi, quand la chaleur rend la marche pénible, la côte sous le vent offre des activités immédiates : la plongée dans la réserve Cousteau à Bouillante, à une demi-heure de route vers le sud, ou simplement la détente sur la plage. Les autres sites à voir en Guadeloupe se combinent facilement sur un séjour d'une semaine, à condition de ne pas vouloir tout faire depuis un seul point de chute.
Vos questions sur la randonnée à Deshaies
Quelles sont les meilleures randonnées à Deshaies ?
Le sentier du littoral entre la plage de Grande Anse et l'anse de la Perle est le parcours le plus représentatif, avec une heure de marche à l'aller et plusieurs ouvertures sur la mer. La montée au Gros Morne offre le panorama le plus large sur la commune.
Y a-t-il des randonnées faciles pour une famille ?
Oui. La portion littorale de Grande Anse à l'anse de la Perle se fait avec des enfants habitués à marcher, et la cascade aux Ecrevisses, sur la Route de la Traversée, ne demande qu'un quart d'heure de chemin depuis le stationnement.
Faut-il une voiture pour randonner autour de Deshaies ?
Pas pour le sentier du littoral ni pour le Gros Morne, accessibles depuis le bourg. Elle devient indispensable pour le saut d'Acomat, la Route de la Traversée et les chutes du Carbet, qu'aucune ligne régulière ne dessert.
Quelle est la meilleure période pour marcher ?
Le carême, de janvier à avril, avec des sentiers secs et une meilleure visibilité au sommet. Pendant l'hivernage, de juin à novembre, il faut partir tôt et accepter des averses en début d'après-midi.
Le sentier du littoral est-il balisé ?
La trace principale se suit sans difficulté, mais le balisage est inégal et plusieurs sentes secondaires descendent vers des criques. Il est prudent de télécharger la trace GPX avant de partir, la couverture mobile étant absente sur une bonne partie du parcours.















