À un kilomètre de la plage de Malendure, l'îlet Pigeon et la réserve Cousteau forment le site de plongée le plus connu de la Guadeloupe : coraux, tortues et poissons tropicaux y vivent dans une zone marine protégée du parc national, ouverte aux nageurs comme aux plongeurs.
Repères avant la sortie
- Deux îlots volcaniques, le grand îlet et le petit îlet, situés au large de Bouillante, sur la Basse-Terre.
- Les eaux font partie du cœur marin du Parc national de la Guadeloupe : pêche interdite, débarquement sur les îlets interdit.
- Masque et tuba, kayak, bateau à fond de verre ou plongée bouteille : chaque formule a ses adeptes, le matin de préférence.
Que sont les îlets Pigeon et pourquoi parle-t-on de réserve Cousteau ?
Les îlets Pigeon sont deux petits îlots inhabités, d'origine volcanique, posés en mer des Caraïbes à environ un kilomètre du rivage de Bouillante, sur la Basse-Terre. Le grand îlet et le petit îlet émergent à peine, couverts d'une végétation sèche, mais l'intérêt du site est sous la surface : des tombants, des éboulis et des plateaux couverts de coraux et d'éponges descendent rapidement vers le large.
L'expression « réserve Cousteau » vient du commandant Jacques-Yves Cousteau, qui a fait connaître ce site au grand public et les citait parmi les beaux sites de plongée qu'il avait explorés. Le nom est resté dans l'usage, sur les panneaux et chez les clubs du secteur. Sur le plan juridique, la protection relève aujourd'hui du Parc national de la Guadeloupe : la zone des îlets est intégrée à son cœur marin, avec une réglementation propre (pêche interdite, mouillage sur bouées, débarquement interdit sur les îlets). Une réserve au sens courant, donc, et un cœur de parc national au sens du droit.
Un buste immergé du commandant Cousteau repose par une douzaine de mètres de profondeur près du petit îlet : c'est l'un des points de passage favoris des plongeurs, souvent visible depuis la surface quand l'eau est claire.
Une biodiversité marine protégée : ce que l'on voit sous l'eau
La biodiversité des îlets Pigeon tient à leur position : à l'abri des alizés sur la côte sous le vent, la mer y reste calme la plupart de l'année, l'eau est chaude et la visibilité souvent bonne. Dès les premiers mètres, la faune se laisse approcher, habituée à l'absence de pêche depuis des années.
- Poissons tropicaux : poissons-perroquets, chirurgiens, sergents-majors, poissons-anges et bancs de poissons-trompettes animent le platier ; les fiches espèce des clubs locaux en recensent plusieurs dizaines sur une seule sortie.
- Coraux et éponges : coraux durs, gorgones en éventail et éponges tubulaires colorent les tombants ; le spot dit du jardin de corail, sur la face nord, en concentre une belle densité à faible profondeur.
- Tortues marines : tortues vertes et tortues imbriquées broutent les herbiers entre les îlets et le rivage, où elles sont fréquentes en snorkeling.
- Petite faune : langoustes, murènes, poulpes et hippocampes se cachent dans les anfractuosités, à chercher avec un guide.
Autre curiosité liée au volcanisme de la Basse-Terre : par endroits, des sources d'eau chaude s'échappent du sable en bulles, un phénomène qui a donné son nom à la commune de Bouillante. Les clubs de plongée les montrent sur certains parcours.
Comment visiter les îlets Pigeon selon son niveau
Visiter les îlets Pigeon ne demande pas d'être plongeur : la réserve Cousteau se découvre à la nage, en kayak, en bateau ou avec une bouteille, et chaque formule montre une partie différente du site. Tous les départs se font depuis la plage de Malendure, où se regroupent les clubs, les loueurs et les bateaux.
| Formule | Pour qui | Ce que l'on voit | Budget relatif |
|---|---|---|---|
| Snorkeling depuis un bateau (masque et tuba) | Nageurs à l'aise, enfants accompagnés | Platier, poissons tropicaux, parfois le buste de Cousteau | Modéré |
| Location de kayak ou de paddle | Sportifs, mer calme exigée | Tour des îlets en surface, arrêt sur bouée | Bas |
| Bateau à fond de verre | Familles, non-nageurs, personnes âgées | Coraux et bancs de poissons sans se mouiller | Modéré |
| Baptême ou plongée encadrée | Dès 8 ans pour un baptême, plongeurs certifiés | Tombants, jardin de corail, faune cachée | Plus élevé |
Le kayak paraît la formule la plus libre, mais la traversée d'un kilomètre se fait en eau ouverte, avec le passage des bateaux de plongée : il vaut mieux partir sur une mer d'huile, gilet sur le dos, et s'amarrer aux bouées prévues plutôt qu'aborder les îlets. Le bateau à coque vitrée, lui, convient également aux journées où l'on voyage avec de jeunes enfants. Les prix varient selon la durée de la sortie, la saison, le nombre de plongées et l'équipement fourni ; les clubs affichent souvent un prix enfant distinct, à demander au contact de chaque structure au moment de réserver.
Les meilleurs spots de plongée autour de la réserve
Les spots de plongée de la réserve Cousteau se répartissent autour des deux îlets, et chaque club local a ses habitudes selon le courant du jour. Quelques sites reviennent dans presque tous les programmes :
- Le jardin de corail
- Un plateau peu profond, couvert de coraux et de gorgones, idéal pour un premier baptême ou une plongée de fin de journée.
- La pointe et le tombant ouest du grand îlet
- Une paroi qui plonge vers le large, fréquentée par les bancs de carangues et parfois par des raies ; réservée aux plongeurs autonomes ou encadrés de niveau confirmé.
- Le buste de Cousteau, près du petit îlet
- Une plongée facile vers une douzaine de mètres, très demandée, que l'on combine souvent avec le tour du petit îlet.
- Les sources chaudes
- Des bulles d'eau chaude qui sortent du sable, une expérience rare liée au volcanisme local.
Pour qui veut explorer d'autres sites, la page consacrée à la plongée sous-marine sur l'archipel présente les autres zones de la Basse-Terre et les niveaux demandés par les clubs.
Quand y aller et comment bien préparer la sortie
La réserve Cousteau se visite toute l'année, l'eau restant chaude en toute saison. La saison sèche, de décembre à avril, offre la mer la plus régulière ; l'été et le début de l'automne correspondent à la saison cyclonique, où une houle de sud peut troubler l'eau et annuler des sorties. Sur une journée, le matin donne la lumière la plus claire et un plan d'eau plus calme, avant l'arrivée des excursions de groupes.
Côté équipement, une combinaison légère ou un lycra suffit et protège du soleil. L'utilisation d'une crème solaire minérale respectueuse des coraux est recommandée par le parc national ; mieux encore, un tee-shirt anti-UV évite d'en mettre. Pour la réservation, s'y prendre la veille en haute saison et pendant les vacances scolaires évite de rester à quai, les bateaux ayant un nombre de places limité.
Les règles du cœur de parc à respecter
Le cœur marin du Parc national de la Guadeloupe impose quelques règles simples aux visiteurs des îlets Pigeon, rappelées sur des panneaux au bord de l'eau :
- ne pas débarquer sur les îlets, qui sont des zones de repos pour les oiseaux marins ;
- ne rien prélever : pas de pêche, pas de corail, pas de coquillage ;
- ne pas toucher ni nourrir les poissons et les tortues, garder ses distances ;
- pour les bateaux, s'amarrer aux bouées de mouillage, jamais d'ancre sur les herbiers ni les coraux ;
- palmer loin des coraux, en surface au-dessus des zones peu profondes.
Ces règles expliquent la richesse du site : la faune y est plus confiante et plus abondante qu'ailleurs dans l'archipel, et chaque visiteur contribue à la garder ainsi.
Se rendre à Bouillante depuis Deshaies ou Grande-Terre
Pour se rendre aux îlets Pigeon, il faut d'abord rejoindre la plage de Malendure, au bord de la nationale qui longe la côte sous le vent, entre Pointe-Noire au nord et le bourg de Bouillante au sud. Depuis le village de Deshaies, au nord de la Basse-Terre, il faut compter une trentaine de minutes de route ; depuis Grande-Terre ou Sainte-Anne, prévoir nettement plus, en traversant la Basse-Terre par la route de la Traversée ou par le sud.
Les transports en commun desservent mal ce littoral : une voiture de location en Guadeloupe reste le moyen le plus souple pour combiner la réserve avec d'autres étapes de la journée. Le parking se remplit vite en milieu de matinée. Sur le front de mer, la plage de sable sombre propose snacks, douches et loueurs ; elle donne un bon point de départ pour combiner la sortie en mer avec d'autres sites à ne pas manquer en Guadeloupe, comme la cascade aux écrevisses ou les anses de Deshaies.
Îlets Pigeon : réponses aux questions des visiteurs
Peut-on aller aux îlets Pigeon à la nage depuis le rivage ?
Rejoindre les îlets Pigeon à la nage depuis le rivage est déconseillé : la distance d'environ un kilomètre se parcourt en eau ouverte, avec le passage des bateaux. On s'y rend en bateau, en kayak ou en paddle, puis on nage autour des îlets.
Faut-il savoir plonger pour profiter de la réserve Cousteau ?
Savoir plonger n'est pas nécessaire pour profiter de la réserve Cousteau : le snorkeling avec masque et tuba montre déjà coraux, tortues et poissons tropicaux à faible profondeur, et le bateau à fond de verre convient aux non-nageurs.
Peut-on voir des tortues à Malendure ?
Les tortues marines sont fréquentes sur les herbiers entre le rivage et les îlets, en particulier le matin. Il faut les observer sans les toucher ni les poursuivre, comme le demande le parc national.
Peut-on débarquer sur les îlets Pigeon ?
Le débarquement sur les îlets Pigeon est interdit : ils font partie du cœur du Parc national de la Guadeloupe et servent de refuge aux oiseaux marins. La visite se fait uniquement dans l'eau ou depuis un bateau.